le feu couve ... et aucun ne veut le voir ....

Publié le par les marques du plaisir

hier, le quotidien de révérence titrait : "60% des français jugent les élus corrompus" :
"Les crises politiques sont presque toujours précédées d'une période empoisonnée : la certitude, répandue au coeur même du peuple, que le système est corrompu et ses dirigeants "pourris".
Est-ce le cas de la France d'aujourd'hui ? L'émergence, depuis la fin des années 1980, des "affaires" et de scandales politiques impliquant la droite comme la gauche a renforcé une partie grandissante des citoyens dans leur défiance à l'égard du personnel et des institutions politiques. Cela paraît une évidence. Mais jamais, pourtant, on avait mesuré cette "sape" qu'exerce sur la démocratie le sentiment que ses représentants sont plus ou moins corrompus.
Le Centre d'études de la vie politique française (Cevipof) s'y est attelé et a réalisé, sous la direction de Pierre Lascoumes, une enquête, qu'il a choisi de rendre publique jeudi 19 et vendredi 20 octobre lors d'un colloque intitulé "Démocratie et corruption. Tous corruptibles ?". (...) ce travail tente de "mettre en relation le système de valeurs des personnes enquêtées et leur conception de la politique avec leurs opinions sur la corruption et les atteintes à la probité publique".
Ce qui frappe, tout d'abord, c'est l'ampleur de la défiance. 60 % des personnes interrogées estiment en effet que "les élus et les dirigeants politiques sont plutôt corrompus", alors qu'elles n'étaient que 38 % en 1977 et 55 % en 1990.(...)
Plus on est inséré dans le système, plus on a confiance en lui, et plus on est tolérant à l'égard de ses dérapages, les attribuant à des accidents de parcours qui ne remettent pas en cause l'ensemble de la représentation démocratique.(...)" ( lire ici )

Alors, comme j'aime bien jeter un oeil sur le corps du délit, chuis allé faire un tour sur le site du CEVIPOF ... Il n'est pire aveugle que celui qui veut pas voir ...
"Inversement ce sont les personnes qui sont les plus défiantes vis à vis des institutions et des valeurs démocratiques (honnêteté, égalité, travail) qui portent les jugements le plus sévères sur les atteintes à la probité (les élus sont plutôt corrompues, les institutions très corrompues, la corruption en augmentation.). On retrouve là les membres des groupes sociaux les moins qualifiés, ils disent ne pas avoir d'attache partisane ou être proche de l'extrême droite." ...
"Inversement, ce sont les personnes qui ont une image dégradée de la fonction politique qui portent les jugements les plus réprobateurs sur les atteintes à la probité. Pour eux la fonction politique n'est pas honorable, les élus utilisent mal l'argent public, ils sont trop payés, et le fait que la politique soit de plus en plus un métier est un fait négatif qui pousse au carriérisme. On retrouve là les membres des groupes sociaux les moins qualifiés, sans attache politique ou proches de l'extrême droite. "
"Inversement ce sont les personnes les moins impliquées vis à vis du politique qui portent les jugements les plus sévères sur les atteintes à la probité. Elles  votent peu ou irrégulièrement, ne s'intéressent pas à la vie politique, ne s'engagent pas, ne s'informent pas, privilégient l'intérêt particulier sur  l'intérêt général. Ce sont des membres des groupes sociaux les moins qualifiés, beaucoup de jeunes (18-34) et des personnes isolées, sans attache partisane."
( extraits , voir ici )
Une sorte de retour de baton des stigmatisés permanents ? ...  Non, plus exactement la montée d'un phénomène "tout petit blanc" qui d'élections en élections, de cage de hlm en cage de hlm, surfant sur les machines à humilier les plus pauvres que sont bien des ANPE et autres organismes sociaux, parceque les troupes de Jean Marie  sont les seules à "parler" à ces stigmatisés comme à des humains ( dans la mesure ou ils ne sont pas bronzés ) , à leur redonner un peu d'importance ( j'ai vu, dans le tram à Lille, un presque SDF distribuer les tracts du Fhaine ... ) , fait progresser des idées terrifiantes, en leur disant non, c'est pas vous qui devez être désignés en bouc-émissaire, je vous en fournis d'autres , encore plus misérables que vous ...
Les mécanismes de "corruption" étaient bien plus importants il y a 25 ans qu'ils ne le sont aujourd'hui ... on en arrivait à des barèmes de reversement, en terme de construction publique ... quasi-officiels ... et portaient sur des montants au regard des quels les emplois fictifs de Juppé semblent ridicules ... Dans les années 70, on écrivait encore à son député pour "faire avoir le bac au petit" ... On écrivait à son sénateur pour faire affecter le petit dans le régiment voisin ... Et la perception de la corruption était encore faible ... 38% ...
L'explication est surement à trouver ailleurs, du côté de la médiatisation à outrance des affaires de corruption (merci monsieur JP Pernaud pour vos années de bons et loyaux services à "combien ça coute"... ) , mais peut être surtout dans le sentiment diffus, mais tenace, chez les "moins favorisés", que le système ne "fonctionne" plus pour eux ... plus du tout ... qu'ils n'y ont plus leur place ...
25 ans de course vers plus de néo-libéralisme, d'abandon de tous les outils d'intervention de l'Etat sur l'économie, la course éffrénée à la privatisation des services publics (allez il reste plus que la lettre de moins de 20 gr à liquider, encore un effort ... ) , et donc à leur disparition pour les moins "solvables", une politique de prestations sociales ressemblant étrangement à la PAC ( prime à l'élevage intensif, prime à la pondeuse, effets de seuil assassins pour les plus riches des plus pauvres, etc ... ) , un système d'éducation érigé en machine à exclure les "parents qui peuvent pas se payer le bon dico pour décrypter le verbiage pédagogisant qui est devenu la langue officielle de l'éducation" , ... encore un de mes inventaires à la Prévert ...
Encore un petit effort, et nous revivrons ces journées de février 1934 ... avec assault des paumés livrés à JMLP partant à l'assault de la "ripoublique" ... A part qu'en 34, les anciens combattants issus des milieux populaires qui manifestaient le 6 février ont été rapidement ramené du coté de la lutte sociale pour plus de progrés ... le Parti Socialiste et le Parti Communiste étaient des partis ayant une forte assise populaire ...
Des fois, j'en arrive même à me demander s'il y aurait 3 intellos pour pondre un "appel aux travailleurs" et former un Comité de Vigilance des Intellectuels Anti-Fachistes affirmant " Nous ne laisserons pas l'oligarchie financière exploiter comme en Allemagne le mécontentement des foules gênées ou ruinées par elle.
Camarades, sous couleur de révolution nationale, on nous prépare un nouveau Moyen Âge. Nous, nous n'avons pas à conserver dans le monde présent, nous avons à le transformer, à délivrer l'Etat de la tutelle du grand capital - en liaison intime avec les travailleurs."...

La vraie corruption, elle est plus une corruption du sens de certains mots ... socialisme ... changement ... progrés ... etc ... que du coté de quelques valoches de billets qui se balladent virtuellement de Luxembourg aux Iles Caïman ....
La vraie corruption, elle est plus dans cette connivence, cette proximité / complicité entre professionnels de la politique et professionnels de l'entreprise ( même formation, même moule idéologique ) que sur quelques comptes numérotés en helvétie ...
La vraie corruption, elle est dans l'abolition de la lutte de classe, et son remplacement par la lutte de places ...
En ce sens, oui, la société de 2006 est infiniement plus corrompue que celle de 1977 ....



Publié dans coup de sang

Commenter cet article

k2c 24/10/2006 05:27

C'est pas gagner, au lieu de s'en prendre à ceux qui imposent le systeme capitaliste et qui accumulent les richesse, "on" s'en prend aux plus faibles, les pauvres, les immigrés...c'est bien on arive a se battre entre nous pour ramasser les miettes au lieu de se battre pour reclamer une plus grosse part du gateau...

Exigeant 21/10/2006 11:54

Large sourire pour ce que vous êtes tous les deux...Que chacun d'entre nous prenne sa part de boulot, je ne suis pas résigné!!!:d

les marques du plaisir 21/10/2006 10:47

@ ExigeantSur la Politique et le pouvoir : Les politiques se sont déssaisis , ont "vendu" le bien commun que nous leur avions confié , c'est à dire tous les outils d'intervention de l'Etat sur l'économique ... Mais "nous" les avons largement laissé faire ... Les politiques ont oeuvré à la destruction de la légitimité du concept de nation, entendue comme lieu d'exercice de l'emprise du "politique" sur l'économique,  comme lieu d'exercice des droits  sociaux , comme lieu de régulation sociale ... Mais "nous" les avons largement laissé faire ... Les politiques ont oeuvré à la complexification des "process" ... afin que nul ne vienne leur disputer leur job ... et que l'immense majorité se sente dépassée par "la loi naturelle" ... et nous avons pas dit grand chose... Les politiques ont disqualifié le Politique ... et nous avons laissé faire ... Dont acte ... et aprés ? "nous" laissons faire parceque nous sommes de bons petits soumis avec la dose de feignasserie propre à tout soumis ? Sur l'électorat Le Pen , il est pas aussi homogène que ce que tu le pense ... mais le Fhaine a su jouer de tout ce qui précède pour occuper le vide politique laissé par la disparition du PC .... aussi ... Alors c'est vrai que parfois le mécontentement peut prendre des formes nauséeuses, mais il les prends souvent, et c'est le cas en europe actuellement parcequ'il est la seule expression "Politique" audible ( dans le sens de compréhensible ) par les plus largués, culturellement ... En ce sens , il faut réinventer une expression de gauche anticapitaliste, mais audible ... et là, pitan y a du boulot ... Quand je dis "nous", c'est tu l'auras compris au sens de "peuple"

eva_bien 21/10/2006 10:32

A mon sens, le politique n'a pas été volontairement dessaisi, il s'EST VOLONTAIREMENT DESSAISI........La nuance est de taille , non?

Exigeant 21/10/2006 10:15

La note du jour : peut mieux faire ! sourire...Mon côté provo ayant parlé, je te propose quelques réflexions complémentaires : - réflexion sur l\\\'évolution du champs du politique dans la réalité du pouvoir des années 70 à maintenant.- lecture de la victoire du non au référendum au vu de ce sondage.Je m\\\'explique : Concernant le politique et le pouvoir, il me semble que depuis les années 70, le politique a été volontairement dessaisi d\\\'une part importante de pouvoir. Création d\\\'instances supranationales et hors du contrôle du citoyen (banque européenne, OMC, europe...). Le libéralisme, dans sa dimension politique, c\\\'est celà. Construire des rouages échappant à tout contrôle direct du politique. Il me semble que ce transfert méthodique et pernicieux est à l\\\'oeuvre aujourd\\\'hui.Concernant le référendum. Il s\\\'agit tout d\\\'abord d\\\'une FAUTE collossale en France que de l\\\'avoir organisé. Ce qui devait être la clef de voûte de l\\\'édifice décrit plus haut aurait été avalisé sans coup férir par un parlement français où règne le libéralisme (PS, UDF, UMP).Dernière remarque concernant le référendum et au vu du sondage, je pense qu\\\'on s\\\'illusionne gravement en pensant que le non a été la victoire d\\\'une gauche anti-libérale. Le non a aussi exprimé largement un mécontentement nauséabond (Lepen, Villiers, etc).Enfin, pour moi ce sondage participe volontairement à la campagne électorale à venir, l\\\'autre pendant étant comme en 2002 la sécurité. Il n\\\'y aura pas besoin de 6 février 34, il suffit juste de voter pour les candidats de l\\\'ordre, de la sécurité. Lepen du parti "aux mains propres" ou Sarko et son karcher.J\\\'ai bien peur que tout le débat actuel ne se résume qu\\\'en la désignation du candidat qui affrontera Jean-Marie au 2ème tour.Et ce devrait être un candidat libéral, de gauche ou de droite, mais libéral.Cette amputation d\\\'un vrai choix, de la discussion d\\\'un vrai programme, me semble justifier malheureusement les résultats du sondage.A choisir entre la peste brune et le choléra libéral, des millions de français vont se sentir floués...