Palmarès 2006 des Big Brother Awards France

Publié le par Eva_bien

Le jury, cette année, était composé de :

- Maurice Rasjfus, co-fondateur de l’Observatoire des Libertés Publiques et du bulletin Que fait la police ?
- Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature
- Kiki Picasso, graphiste, peintre et vidéaste, membre du collectif Un regard moderne
- Yannick Kergoat, représentant de l’association Action-Critique-Médias (Acrimed)
- Maître Eolas, avocat au barreau de Paris, et blogueur à ses heures
- Loic Dachary, pionnier du logiciel libre, fondateur de la Free Software Foundation France et d’eucd.info
- Isabelle Bouyer, Jean-Noël Destrehem, Nathalie Federico et Marlène Jérôme, représentants du collectif anti-délation de la Marne (Prix Voltaire 2005) ;
- Julien Pain, responsable internet de Reporters Sans Frontières (RSF)

Les lauréats des Orwell 2006

1. Orwell Etat & élus : Jacques Lebrot, sous-préfet "sécurité" de Seine-St-Denis, qui s’est distingué ces dernières années en privant d’emploi plusieurs milliers de salariés sur la foi de fichiers policiers recensant, non pas les délinquants avérés, mais de simples suspects, violant leur présomption d’innocence sur la base de pratiques clairement discriminatoires, l’a emporté d’une courte tête devant son ministre de tutelle, Nicolas Sarkozy, qui avait donc été exclu de la compétition. Gilles de Robien, ministre de l’éducation nationale, est arrivé en troisième position avec son fichier "base élèves" compilant une foultitude de données personnelles concernant les élèves de la maternelle à la primaire (3 à 10 ans !).

2. Orwell Entreprises : la société Sony-BMG s’est particulièrement illustrée en raison de son "rootkit", petit programme espion qu’elle avait installée dans les CD qu’elle vendait dans le commerce afin de contrôler l’usage qui pourrait en être fait par ceux-là même qui, pourtant, en était devenu les légitimes propriétaires puisqu’ils les avaient acheté. La deuxième place est revenue au duo Sacem & SCPP, sociétés civiles censées défendre les droits des auteurs et producteurs et qui, pour cela, ont fiché nombre d’internautes en violation de la loi. Eternel outsider, le GIP-DMP, en charge du déploiement du Dossier Médical Personnel (ex "Partagé"), est arrivé bon troisième. Gageons que son tour, lui aussi, viendra.

3. Orwell Localités : Paul Anselin, maire de Ploërmel dans le Morbihan, pour sa soif de vidéosurveillance (bientôt plus de 50 caméras pour 9000 habitants) malgré une délinquance zéro, ainsi que pour la création d’un n° vert visant à encourager la délation. Suivent, ex aequo, le Conseil général de Haute-Savoie, qui a installé des systèmes de vidéosurveillance dans 10 des 48 collèges du département, mais omis de les déclarer, et François Baroin, futur ex-ministre de l’intérieur, pour sa politique de nettoyage du centre ville de Troyes, dont il est le maire, par voie de "requalification urbaine" et de vidéosurveillance.

4. Orwell Novlang : Frédéric Péchenard, directeur de la Police Judiciaire, qui encourage le fichage génétique de l’ensemble de la population au prétexte que les innocents pourront, dès lors, "être lavés de tout soupçon"... Suivent l’Assedic et ANPE, pour le tri informatique des chômeurs de longue durée qu’ils ont entamé, alors même qu’il n’est fiable qu’à 60% et qu’il risque surtout d’enfoncer les plus précaires. 3e et bons derniers, Sophie Planté et Philippe Melchior, du ministère de l’intérieur, qui expliquent que les papiers d’identité électroniques “sécurisés“, biométriques et dotés de puces RFId ne sont pas un outil au service de la police, mais qu’ils serviront d’abord et avant tout à... faciliter le commerce électronique.

5. Orwell Ensemble de son Oeuvre : Pascal Clément, garde des Sceaux, avait déjà été nominé pour avoir imposé rétroactivement le bracelet GPS aux délinquants sexuels après leur libération, au mépris de la Constitution, et primé en 2004 pour s’être précisément fait l’ardent promoteur dudit bracelet électronique, a remporté le prix Orwell pour l’ensemble de son oeuvre en raison de son acharnement à vouloir contrôler et enfermer, et pour son mépris des institutions et des droits de l’homme. Il devance de peu la RATP, pour son désormais célèbre pass Navigo, et la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale accusée de ficher, en toute illégalité, des millions de gens depuis des années : si JUDEX (2,8M de simples "suspects") vient d’être légalisé... 20 ans après sa création, le fichier des personnes nées à l’étranger (7M de fichés) et le FAR, qui sert à évaluer la dangerosité de la population (60M de fichés !) sont toujours illégaux.

6. Prix Voltaire de la vigilance : on été primés, ex-aequo, les directeurs d’école qui refusent le fichier "Base-élèves" (cf la nomination de ce fichier au prix Etat & Elus], et Pierre Muller, le webmaster de Ordinateurs-de-vote.org (ex recul-democratique.org), pour son constant travail d’éveil et de recensement de tout ce pour quoi le vote électronique est une fausse bonne idée, et une menace pour la démocratie.

Une mention spéciale a par ailleurs été accordée à Christophe Espern, animeateur d’EUCD.info.

Etaient également nominés : un ancien policier qui dénonce la "manipulation" des statistiques de la délinquance, le Comité d’action lycéen du collège-lycée Ravel (Paris) et les insoumis du fichier génétique (FNAEG).

Publié dans Délation...........

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Swâmi Petaramesh 22/01/2007 14:16

Avec Me Eolas dans le jury. Même que il est de droite mais on lui pardonne presque. Des fois.Un jour il finira par se rendre compte qu'il est de droite à l'insu de son plein gré, question d'éducation, tout ça, mais qu'en fait il est de gauche même s'il ignore qu'il ne le sait pas que la double négation c'est bon, mangez-en !