Ciao, camarade ....

Publié le par les marques

Lucie Aubrac est décédée ... Il en reste plus beaucoup, de ces empécheurs de consentir à sa soumission ... Un vieillard qui meurt, c'est comme une bibliothéque qu'on brule ... Je sais pas ... pas sur ... il est des mêmoires collectives tenaces ...


Lucie Aubrac avait signé l'appel à la libération des prisonnier d'Action Directe ...
Ciao camarade ... nous n'oublions jamais rien ni personne ...

Publié dans soumission.sociale

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eva_bien 15/03/2007 22:51

Résister se conjugue au présent, disait-elle........

R.B 15/03/2007 20:53

Décès de Lucie Aubrac 


 
"Ami quand tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place".
Ce sont les paroles du chant des partisans qui me viennent en tête en venant d’apprendre le décès de Lucie Aubrac. Parce que cette femme n’aura eu de cesse toute sa vie de mettre en accord ses engagements et ses actes.
Que ce soit de son combat de jeune communiste d’hier, à son combat pour les sans papiers aujourd’hui, à ses prises de positions courageuses contre la dilapidation des acquis du programme du Conseil national de la Résistance Lucie Aubrac aura été un repère dans l’engagement de toutes et de tous les progressistes de France.
Mais c’est d’abord son combat dans la résistance qui a marqué les esprits et les mémoires. Son courage, son abnégation sa vie sont un exemple pour toutes les générations et tant que sa santé lui permettait, elle parcourait la France racontant aux plus jeunes les raisons de son engagement aux côtés de Raymond Aubrac son mari. Je suis fière que le Département de la Seine saint Denis et la ville de Villetaneuse ait donné le nom de Lucie Aubrac à un collège. Des livres, des films nous permettront de continuer à voir ce que fut la vie de ce couple inséparable.
Mais quel plus bel hommage pourrait lui être rendu que celui d’entretenir la flamme de la résistance à la résignation, de parler de raconter sans cesse ce que furent les résistants d’alors. Aux côtés de Jean Moulin la France s’enorgueillirait de voir une telle femme entrer au Panthéon.

Décès de Lucie Aubrac De : Marie-George Buffetjeudi 15 mars 2007

eva_bien 15/03/2007 10:51

Pour un autre Programme

par Lucie Aubrac* et Raymond Aubrac
 Quelle audace réconfortante ! Quand le poids des injustices devient trop lourd, il faut changer. Mais ceux qui nous le disent ici n’ajoutent pas qu’eux seuls seraient capables de résoudre tous les problèmes si on leur confiait le pouvoir : ce ne sont pas des candidats à une élection. Autorisés, dans leur domaine, par leur compétence et expérience, ils savent ce qui va mal et pourquoi ça va mal. Ils dénoncent quand il le faut les responsables et ils proposent comment peut être rétablie l’efficacité, comment peut être rétablie la justice. Voilà une vraie démarche citoyenne. Dans une société pourtant si riche, mais qui a perdu son élan vital et qui ne propose à ses enfants rien qui puisse les mobiliser, la leçon d’anatomie découvre l’égoïsme, le repli sur soi, le peur et le mépris de l’autre, le déni de l’intérêt général au bénéfice de quelques particuliers, bref le recul de la démocratie. Nous savons qu’attaquer la démocratie nourrit l’intolérance et le racisme. Nous nous souvenons qu’il y a peu, car soixante ans n’est pas si long, notre pays sortait d’une catastrophe. Il avait été pillé, rançonné, détruit dans ses œuvres vives pas des forces brutales, et nous avions su résister, c’est à dire comprendre et oser. Pour retrouver la liberté et les valeurs de la République, bien des hommes et des femmes avaient donné leur vie. Cette résistance avait catalysé l’élan vital qui nous avait permis de remettre debout un pays de citoyens capables de rétablir une démocratie créatrice. Résister c’est oser. Oser, c’est créer. Encore faut-il une feuille de route, établie après l’analyse de la situation. Mais regardons de plus près cette feuille de route qui a, il y a soixante ans, rétabli et rénové notre démocratie : le Programme du Conseil national de la résistance (CNR). Elle prépare, en effet, les principales réformes qui ont été réalisées après la Libération : nationalisation de grandes entreprises, de banques, de services publics ; création de la Sécurité sociale pour tous les salariés, liberté de la presse, etc. Elles étaient les têtes de chapitre du programme de gouvernement de ceux qui ont alors dirigé notre pays, avec le Général de Gaule et les principaux dirigeants de la Résistance : mouvements, syndicats, partis politiques. Mais ces réformes, souvent fondamentales, ne sont proposées que dans la seconde partie du Programme du CNR. La première consiste à définir les moyens de la lutte qui permettra de les entreprendre : comment il fallait s’organiser pour mettre la démocratie au pouvoir, en luttant contre l’ennemi occupant le pays, et ses auxiliaires au service de ce qu’on appelait « l’Etat Français », le régime pétainiste de Vichy. Ainsi fut conduite la lutte pour la Libération, lutte militaire et politique. C’est après la victoire, obtenue grâce aux efforts et aux sacrifices de nos alliés, les Soviétiques, les Britanniques et les Américains, avec les combats des Français, que la seconde partie du Programme du CNR put être appliquée. Si nous réfléchissons aux conditions actuelles, nous devons conclure que cet Autre Programme qui nous est proposé dans cet ouvrage ne pourra être appliqué qu’après une autre forme de lutte, contre des adversaires et des obstacles qui ne sont plus, heureusement, des forces armées ou des polices mais qui ne sont pas, pour autant, faciles à surmonter. Il faudra d’abord connaître ces obstacles. Certains sont autour de nous : l’égoïsme, la résignation, la peur du changement, l’implantation solide, dans notre pays, de forces politiques, sociales et financières qui ont le plus grand intérêt à ce que rien ne change. Elles disposent d’un large éventail de moyens matériels et psychologiques. D’autres sont le résultat de l’état actuel du monde, le produit de transformations historiques à l’échelle internationale qu’il n’est pas lieu de décrire ici. Mentionnons seulement l’emprise mondiale des forces financières, avec la constante accumulation d’énormes masses de capitaux, aidées par la révolution des communications, et qui cherchent partout des placements rentables financièrement et/ou politiquement. Ces forces, elles aussi, ont le plus grand intérêt à ce que rien ne change. L’ouvrage qui nous est ici proposé définit un Autre Programme. Est-ce une utopie ? Une utopie réaliste alors, fondée par des connaissances accumulées et des engagements de terrain. Une utopie qui ne livre pas la voie toute tracée vers une société idéale mais exprime la possibilité de résister à l’ordre établi, à l’ordre promis. On résiste contre un état de choses, mais on résiste aussi pour créer quelque chose. Définir les injustices actuelles et montrer de quels matériaux pourrait être construit un monde meilleur, c’est créer les premières conditions pour que s’engage le combat victorieux. Résister, c’est créer.
Lucie Aubrac* et Raymond Aubrac