Le mythe de la mobilité sociale

Publié le par Eva_bien


D’un bout à l’autre de l’échelle des revenus, les parents transmettent à leurs enfants leur éducation, leurs réseaux d’influence, la qualité de leur accompagnement médical… mais aussi leur fortune. Et le recul de l’Etat social joint à la baisse continue de la fiscalité progressive (le « bouclier fiscal » tout juste voté par le Parlement français va dans ce sens) ont puissamment contribué à cette installation de classes héréditaires que certains désormais assimilent à un nouveau système de castes.

Simultanément, les écarts de revenus ne cessent de se creuser presque partout dans le monde. En France, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), le salaire moyen net de l’ensemble des salariés à temps complet se situe aux alentours de 22 000 euros par an, contre 2,2 millions d’euros en moyenne pour chacun des patrons d’entreprises cotées au CAC 40, soit un écart de 1 à 100 (3). Les classes héréditaires ont donc de beaux jours devant elles.

L’OCDE(organisation de coopération et de développement économiques...dont le slogan est: POUR UNE MEILLEURE ECONOMIE MONDIALE !!!!! ) préfère parler d’un « accroissement de la dispersion salariale.....Au moment même où elle fait mine de s’inquiéter de la situation américaine, n’indique-t-elle pas aux trente Etats membres de l’organisation : « La pression fiscale ayant atteint le “seuil de la douleur” dans la plupart des pays, il n’y a guère d’autres solutions que d’engager de nouvelles réformes visant les systèmes de retraite ainsi que les dépenses de santé et de soins de longue durée. S’agissant des dépenses de retraite, deux orientations revêtent sans doute une importance particulière : retarder la cessation d’activité et accroître les revenus de retraite de source privée.

Etonnant, non??????

Source: Le Monde Diplomatique

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Vincent Carel 24/07/2007 23:40

De toute façon la mobilité sociale est une fumisterie. La mobilité sociale ascendante j'entends, celle qui suppose que chacun puisse gravir les échelons d'une hiérarchie sociale. Cette mobilité a certes l'apparence progressiste, égalitaire alors qu'elle n'est qu'un ressort du maintien et de la perpétuation d'un modèle social inégalitaire.
 

D'abord cette mobilité présuppose une compétition entre les classes dominées ainsi qu'entre les membres de chacune de ces classes. Ensuite elle présuppose l'intériorisation par les classes dominées et leurs membres du règne de l'injustice et du privilège, du fait qu'il existe des classes dominantes et d'autres dominées et que l'intérêt de ces dernières consiste à perpétuer un système qui les opprime en espérant qu'eux-mêmes ou leur progéniture pourront un jour grimper un peu dans la hiérarchie. Enfin elle présuppose que la société de classes continue indéfiniment, qu'il s'agit d'un horizon indépassable.
 

Le désir de mobilité sociale individuelle implique de renoncer à la contestation du système injuste et brutal. Il suffit donc que tous les individus des classes dominées aspirent à la mobilité sociale pour briser dans l'oeuf toute contestation du système de classes. Or un pareil système n'a aucune raison de s'ouvrir s'il n'est pas contesté radicalement : pourquoi les dominants renonceraients-ils à leurs privilèges et à leur puissance si ni celle-ci ni ceux-là sont en danger ?
 

La mobilité sociale est une propagande conservatrice : sur TF1 on appelle cela le rêve américain.